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Retour sur le "Grand débat" de juin 2025

lundi 30 juin 2025, par E. Stroesser

Un "Grand débat sur le logement" a conclu, mardi 3 juin 2025, notre programme entamé en décembre 2024 de l’Habitat dans tous ses états.

Nous avions choisi de l’organiser sous la forme d’une table-ronde en quatre séquences avec des maires représentants des communes pays royannais.

Nous en éditons ci-dessous de très larges extraits de ces deux heures d’échanges.

Quatre élus sur le plateau

  • Graziella Bordage, maire de Cozes (2223 hab.) et vice-présidente de la CARA en charge de l’équilibre social de l’habitat.
  • Laurence Osta-Amigo, maire de La Tremblade (4664 hab.), l’une des six communes obligée d’avoir 25% de logements sociaux.
  • Didier Simonnet, premier adjoint au maire de Royan, la ville la plus importante du territoire, avec plus de 19 000 habitants
  • Vincent Barraud, maire d’Étaules (2900 hab.) et président de la communauté d’agglomération Royan Atlantique (dite la CARA).

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Séquence 1

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Logement sociaux

QUESTION : où en êtes vous en terme de production de logements sociaux ?

OSTA-AMIGO : « Nous disposons de 160 logements sociaux, ce qui représente 7 %. Notre difficulté majeure, ce sont les recours qui sont déposés contre nos projets et qui les empêchent d’aboutir. Depuis 2017, je n’ai sorti qu’un logement ! (...)
La demande est telle que sur un programme de 18 logements, nous avons eu 70 demandes ! J’en suis malade. (...) J’espère qu’un jour tous ceux qui font des recours seront pénalisés ! Croyez-nous, nous sommes désolés de ne pas réussir… »

QUESTION : et à Royan, où en êtes-vous de l’objectif de 25% ?

SIMONNET : « Au 1er janvier, nous atteignions 12,68%. Il faut rappeler d’où l’on vient. Avant 2008, il y a eu zéro construction de logements sociaux pendant des années. Cela a changé depuis. Nous sommes passés de 723 à aujourd’hui 1607 logements sociaux (en 2024). Quelques élus préféraient payer l’amende plutôt que de construire des logements sociaux, mais nous avons été quelques uns à convaincre Didier Quentin (maire de l’époque NDLR) de ne pas baisser la garde mais au contraire d’accélérer, ce que continue le maire actuel (Patrick Marengo). Nous avons quelques recours, moins peut-être qu’à la Tremblade, mais des oppositions parfois farouches avec des termes peu amènes à l’égard des futurs occupants ».

BORDAGE : « Nous manquons de foncier, le coût exorbitant fait que nous avons du mal à créer du logement social malgré la révision par la CARA de ses aides aux communes. Depuis le début du mandat, nous avons financé plus de 11 millions d’euros en logements sociaux, ce n’est pas neutre. (...) Trois communes sont dites carencées sur l’agglomération (Saint-Georges-de-Didonne, Saint-Palais et la Tremblade). »

BARRAUD : « J’abonde ce qu’à dit Didier Simonnet, s’il y a eu beaucoup de retard sur notre territoire, sur Royan mais aussi d’autres communes, depuis quelques années, les élus communaux se sont emparés de la question et aujourd’hui on a une croissance en terme de logement social qui est très significative. La CARA a bénéficié pendant deux ans de la moitié des agréments (délivrés par l’État pour leur financement) sur l’ensemble du département (...) Car la carence était plus forte ici qu’ailleurs et le retard accumulé depuis très longtemps. L’État a reconnu la volonté politique locale. C’est d’autant plus rageant de voir des projets retardés d’un voire plus de trois ans en raison de recours sur recours. »

QUESTION : les chiffres montrent que des communes qui ne sont pas obligées d’avoir du logement social en construise parfois plus que d’autres. Qu’est-ce que cela traduit ?

BARRAUD : « Il y a effectivement ce que j’appelle les logements sociaux invisibles, dans des communes de moins de 3500 habitants comme à Saint-Augustin, Étaules (sa commune NDLR) ou Chaillevette. Ils ne sont pas comptabilisés par les services de l’État. »

Même les communes de moins de 3500 souhaitent du logement abordable car on a envie que de jeunes familles s’installent sur nos territoires pour dynamiser le commerce, dynamiser les écoles. Nous en avons tous besoin. (G. Bordage)

QUESTION : vous avez évoqué les questions foncières, il existe un établissement public foncier en Nouvelle Aquitaine (EPF-NA) qui vient en appui des communes. Comment intervient-il ?

SIMONNET : « Dans le cadre de la révision du PLU (plan local d’urbanisme NDLR), nous avons créé des orientations d’aménagement et de programmation (OAP) sur trois sites qui vont permettre de créer environ 1000 logements dont 60 % de logements locatifs sociaux. Cet EPF-NA est titulaire pour nous de l’opération de déclaration d’utilité publique (DUP) pour acquérir ces terrains en priorité à l’amiable, sinon par expropriation, si les prix demandés par les propriétaires ne sont pas à la hauteur pour équilibrer les opérations.
Cette DUP a pu interpeller certains, mais quand vous ouvrez une zone à l’urbanisme, il y a un enrichissement de la part du propriétaire, un peu sans cause, il est donc normal que la puissance publique puisse récupérer une partie de cette rente de situation. (...) Les prix des fonciers étaient énormes, des promoteurs étaient venus voir des propriétaires quand le PLU allait être mis à l’enquête publique pour proposer des prix déraisonnables ! À plus de 125 ou 135 euro du mètre carré, pour un terrain agricole devenant constructible, quand les Domaines les évaluaient plutôt à 70 euros du mètre carré. »

QUESTION : est-ce qu’il ne serait pas pertinent de créer un office communautaire d’habitat social, pour avoir un outil à votre disposition ?

BARRAUD : « Cette réflexion a été menée il y a dix ans et n’a pas abouti. À l’époque cela aurait pu être possible mais aujourd’hui les bailleurs sont tenus de se regrouper (pour atteindre une masse critique), il est donc illusoire de penser qu’on puisse avoir un office (de la taille requise), mais en revanche nous venons de prendre des parts chez un bailleur social. »

BORDAGE : « Il est en revanche question d’installer une "maison de l’habitat" qui pourrait référencer tous les bailleurs sociaux et serait au service de la population pour répondre à toutes demandes, de logement social comme du parc privé. »

RELANCE : cette maison de l’habitat pourrait-elle aussi faire office d’observatoire du logement ?

BORDAGE : « Oui, elle peut le faire ».

RELANCE : et le fera-t-elle ?

BORDAGE : « C’est prévu. Car c’est effectivement un vrai manque. Aujourd’hui, toutes les demandes de logement social sont répertoriées sur Royan, si la CARA prend sa part de gâteau, cela peut être intéressant. »

QUESTION : où en est la CARA sur le programme local de l’habitat (PLH), qui fait défaut depuis plusieurs années ?

BORDAGE : « Depuis 2014, il n’y avait effectivement pas de PLH. C’est un travail de longue haleine que nous sommes en train de terminer, il sera exécutoire fin 2025. (...) Le PLH doit être en corrélation avec le SCOT (schéma de cohérence territoriale NDLR) qui vient d’être entériné. Ce dernier préconise une augmentation de la population de 10 000 habitants d’ici 2040. Donc il s’agit de déterminer le nombre de logements nécessaires sur les différentes communes de l’agglomération… »

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Séquence 2

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Résidences secondaires et meublés de tourisme

NB : La diapositive présente la répartition entre les résidences secondaires et principales sur la CARA et les logements vacants. Avec 43% de résidences secondaires, le déséquilibre est flagrant, particulièrement sur certains communes, notamment Saint-Georges-de-Didonne, Vaux-sur-Mer ou Saint-Palais sur Mer.

OSTA-AMIGO : « Vos chiffres sont faux ! »

RELANCE : ce sont des chiffres de l’INSEE. Votre remarque démontre à quel point il manque une base de données consolidée… Quels sont donc les chiffres sur la Tremblade ?

OSTA-AMIGO : « On est à 52% résidences secondaires. »

RELANCE : c’est donc pire !

OSTA-AMIGO : « Oui ! Quant aux logements vacants, nous en avions 400, et nous avons mené une campagne auprès des propriétaires, ce qui nous a permis de faire descendre leur nombre à 200. Nous trouvions inadmissible de laisser la situation telle quelle. Ces logements vacants sont aujourd’hui taxés, à 17% cette année, et ce sera le double l’an prochain. Nous avons également décidé de taxer à 40% les résidences secondaires. »

RELANCE : car vous craignez que le déséquilibre s’aggrave ?

OSTA-AMIGO : « Oui et on réfléchit aux moyens d’agir. On regarde ce qui se fait chez nos voisins, comme Royan qui a taxé à 60 %. Nous ferons peut-être pareil. »

RELANCE : sur les 200 logements sortis de la vacance à La Tremblade, combien ont été remis en location ? Qu’est-ce qui a convaincu leurs propriétaires, la taxe ?

OSTA-AMIGO : « Certains ont été repris pour eux et d’autres remis en location. La taxe a bien sûr joué. Mais nous avons aussi été au devant des propriétaires pour leur expliquer que les jeunes et moins jeunes ont besoin de se loger. De même qu’on ne peut pas tolérer que des personnes soient logées dans des logement insalubres ! À chaque fois qu’une personne me dit qu’elle connait un logement insalubre, j’y vais, on envoie la police municipale si besoin, on fait intervenir le département, etc. »

QUESTION : la ville de Royan vient de décider de limiter les résidences secondaires sur certaines zones, pouvez-vous nous expliquer comment ?

SIMONNET : « Le conseil municipal a utilisé la loi du 19 novembre 2024 dite Lemeur qui rend possible l’obligation de résidence principale pour certaines communes, en l’appliquant sur les opérations faisant l’objet d’une DUP (cf. supra). Il y a eu débat dans notre assemblée, avec des critiques sur l’atteinte au droit de propriété, je vois des représentants UNPI dans la salle…
Cette démarche peut choquer des personnes mais dès lors qu’il y a une intervention publique, que l’on connait les règles du jeu à l’avance (puisqu’il s’agit de constructions nouvelles), il nous a semblé - à la grande majorité du conseil municipal - logique de mettre en place cette disposition.
Nous sommes la 3e commune, après Bonifacio et Chamonix, à appliquer cette politique. On espère donner l’exemple à d’autre ("oui oui" réagit la maire de la Tremblade NDLR). »

Sur 10000 emplois à Royan, 50% des personnes qui les occupent sont obligées d’aller se loger à l’extérieur, on ne va pas résoudre d’un coup ce problème mais en créant 400 nouveaux logements qui ne pourront être que des résidences principales, on aura franchi un pas. (D. Simonnet)

QUESTION : la seconde diapo porte sur l’évolution des meublés de tourisme - cette fois à partir de sources non contestables, ce sont celles du Collectif des résidents permanents. Les chiffres portant sur les locations Airbnb sont affolants. Avez-vous les uns les autres une visibilité sur cette proportion et l’évolution ?

La réponse collective est : "Non".

SIMONNET : « Nous pouvons utiliser un dispositif également rendu possible par cette fameuse loi (Le Meur) pour réguler le changement d’usage (...) grâce à des quotas ou en limitant les durées de location à moins de 120 jours. (...) Nous comptons sur la CARA pour qu’elle nous aide à acquérir les logiciels nécessaires pour recenser les futurs meublés de tourisme. Nous déciderons ensuite s’il faut mettre en place ou non des quotas. »

QUESTION : la question va donc à la CARA, cette limitation des meublés pourrait-elle s’appliquer à l’échelle de l’agglomération ?

BARRAUD : « Royan est précurseur, nous attendons de voir la jurisprudence sur les mesures coercitives par rapport à Airbnb. Aujourd’hui, l’environnement juridique s’éclaircit, la loi Lemeur précise les choses, le permis de louer va permettre d’avancer sérieusement dans ce sens là également. C’est un travail qui est devant nous. »

QUESTION : le Collectif a reçu le maire du Château d’Oléron lors d’un café blabla qui nous a expliqué sa politique pour lutter contre l’inflation des locations type Airbnb, car sa commune n’arrive pas à recruter des agents faute de logements disponibles (lire le CR du café blabla). Est-ce un autre exemple à suivre ?

BARRAUD : « Le maire du Château d’Oléron peut mettre en place sa politique avec argent d’Airbnb (suite à la condamnation de la plateforme) donc c’est très bien ! Nous allons travailler sur ce dossier, notre PLH le prévoit. »

SIMONNET : « Un récent article de Maire-info titré « la bataille des mairies contre les meublés touristiques » explique que ce genre de politique commence à faire ses preuves, mais avec bémol car quand on y va trop fort, il pourrait se faire quel la baisse de l’offre de location touristique ait un impact sur le commerce de proximité. »

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Séquence 3

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Hébergement des personnes sans abris

QUESTION : quelle connaissance avez-vous des situations de personnes sans-abris sur vos communes (cf le résumé de notre ciné-blabla sur cette question) ?

OSTA AMIGO : « Nous connaissons bien sûr des situations individuelles. Il m’est arrivé d’avoir des personnes dormant dans leur voiture. Pour les personnes qui travaillent, on essaye de faire jouer les réseaux pour leur trouver un toit. (...) Je me souviens d’une personne dont on a découvert qu’elle squattait alors que nous pensions tous qu’elle était locataire ! Elle avait déposé une demande de logement et n’avait jamais eu de réponse. »

Depuis, deux élus de notre équipe accompagnent les personnes pour remplir leur dossier car on se rend compte que c’est trop compliqué. Sans cet appui, certaines ne vont pas jusqu’au bout. La Maison de l’habitat pourrait nous aider à travailler davantage ensemble. (L. Osta-Amigo)

BORDAGE : « La Maison de l’habitat pourrait aider, c’est une piste. Le PLH prévoit un certain nombre d’actions pour accompagner ces publics. Nous avons aussi des acteurs, je pense à Tremplin 17 ou Habitat et Humanisme qui sont très actifs. La CARA réfléchit elle à l’ouverture d’une résidence hôtelière à vocation sociale. »

RELANCE : pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet de résidence hôtelière à vocation sociale ?

BORDAGE : « Elle va répondre à divers publics, des saisonniers, des personnes en besoin de logement temporaire, mais aussi de logement d’urgence. »

BARRAUD : « Les personnes pourront louer pour une nuit, une semaine ou un mois. On parle de résidence hôtelière à vocation sociale, car les prix pratiqués permettront au plus grand nombre d’y aller. »

RELANCE : ce projet en est à quel stade ?

BARRAUD : « Nous l’avons inscrit au PLH, et nous travaillons à la faisabilité, il faut un bailleur, il faut des partenaires, etc. Nous venons de visiter des structures identiques. Mais je suis encore incapable de vous dire quand cela va sortir, d’autant qu’il faut le feu vert du préfet, car ce projet a besoin d’agréments donnés par le préfet. Nous l’avons sollicité oralement. »

QUESTION : qu’en est-il de la création d’un accueil de jour sur Royan. Le besoin a été souligné par tous les travailleurs sociaux et caritatifs rencontrés. Il existe un accueil de jour, porté par les bénévoles du Secours Catholique, dans la zone Royan 2. Les travailleurs sociaux de la DTAS nous ont expliqué combien c’était important d’avoir un tel endroit, qui leur permet de rencontrer les personnes à la rue, de faire travail d’insertion, de tisser une relation de confiance.

BARRAUD : « Ce n’est pas prévu dans les fiches du PLH. Il y a des CCAS qui font des choses, mais dans ce n’est pas dans le portefeuille des compétences CARA. »

QUESTION : l’avenir de la Villa étoile, le seul accueil de nuit sur Royan, nous préoccupe aussi, sera-t-elle maintenue ?

SIMONNET : « Pour l’instant, il n’y a pas de décision négative la concernant. L’agent qui y travaille fera valoir ses droits à la retraite et il faudra le remplacer. Derrière cette villa, nous allons créer une pension de famille d’une vingtaine de chambres avec Habitat et Humanisme, nous avons obtenu l’agrément de la préfecture, c’était l’ancien projet de la maison de la solidarité qu’un ancien maire n’a jamais accompagné car c’était un mot qu’il ne comprenait pas bien. »

RELANCE : on est rassuré jusqu’à l’hiver prochain et après donc on ne sait pas ?

SIMONNET : « Je pense que ce sera une question qui devra se poser. Vous demandez l’ouverture 10 mois sur 12, il faudra aussi qu’on y réfléchisse, je ne connaissais pas cette demande et je la relayerai auprès du maire. »

QUESTION : c’est une demande qui se justifie car comme le dit le Collectif des morts de la rue le dit : on meurt autant l’été que l’hiver...

SIMONNET : « Je rappelle qu’on a aussi d’autres possibilités, comme d’utiliser des hôtels pour loger la nuit des personnes. »

OSTA AMIGO : « Nous travaillons avec Tremplin 17 pour les associer au projet du Logis qui va voir le jour dans l’ancien EHPAD sur notre commune. L’idée est d’y loger des jeunes travailleurs, mais aussi de leur réserver des places. On y tient. Le préfet doit nous en donner l’agrément, on croise les doigts pour l’avoir rapidement. »

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Séquence 4

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Permis de louer

QUESTION : Nous avons eu l’espoir en décembre 2024 que le projet se concrétise sur Royan car le Conseil municipal avait enfin décidé d’y réfléchir. Mr Jarroir, conseiller municipal délégué au logement, nous a dit lors d’un café blabla à ce sujet que la réflexion ne serait pas poursuivi, vous nous le confirmez ?

SIMONNET : « Le schéma est un peu plus complexe qu’on l’avait imaginé. Cette démarche doit s’engager sous l’égide de l’établissement public ayant compétence en matière d’habitat, donc la CARA. Il faut réengager la réflexion à ce niveau.

RELANCE : cela ne relève pas de la compétence d’urbanisme qui est communale ?

SIMONNET : « Ce que nous avons pu décider sur les résidences principales, relevait de notre compétence en matière d’urbanisme, mais sur le permis de louer, on va devoir travailler au niveau de la CARA, nous avons commencé à en parler avec son président. Cela nécessite un travail d’expertise, de repérage de quartiers... »

QUESTION : pourquoi le limiter à des quartiers ?

SIMONNET : « Car il faut pouvoir tous les recenser et dans certains cas, les logements ont pu devenir insalubre de par le comportement de leurs occupants. »

RELANCE : il ne s’agit pas de nier que ces situation existent, mais plus on fera des propositions correctes aux locataires, mieux l’habitat sera respecté... Le parc de logements locatifs privés n’est pas énorme sur notre territoire, c’est d’ailleurs l’une des raisons qui fait que la pression est si forte sur le parc social. Mettre en place le permis de louer participerait à mieux connaitre ce parc privé, en même temps que de donner les moyens d’en améliorer la qualité !

BORDAGE : « Cela me parait chronophage car il va falloir identifier tous les propriétaires. Je ne pense pas que ce soit une plus value pour le territoire. D’autant qu’il existe une plateforme dédiée pour le logement indigne, sur laquelle vous pouvez déposer une réclamation si vous estimez qu’un logement n’est pas approprié. »

BARRAUD : « S’il y a des trous dans la raquette, on ne peut dire que rien de se passe. Suite à un signalement d’une infirmière, d’un facteur ou autre, nous nous déplaçons, et après le constat fait, par la police municipale en général, nous le remontons aux propriétaires pour les enjoindre à faire les travaux nécessaires. (...) Très clairement, ce n’est pas quelque chose qu’on va lancer à un an des municipales. Il est logique que ce type de projet soit mené par des équipes qui auront le temps pour le mener au bout. »

Je ne dis pas qu’il ne faut pas qu’on se lance dans le permis de louer, mais c’est un travail qu’il faudra mener avec les 33 communes et avec une connaissance la plus exhaustive possible du territoire. (V. Barrault)

QUESTION : lors de notre café blabla consacré à ce sujet, l’experte l’a bien expliqué : c’est un outil parmi d’autres dans la palette des outils pour lutter contre le mal logement. Il offre aux élus une vraie connaissance de leur territoire qu’ils n’avaient pas, de même qu’il valorise les propriétaires, car la majorité des propriétaires comme des locataires se comportent correctement, mais il y a en pour lesquels il est nécessaire d’intervenir.

BARRAUD : « Effectivement. Sur ma commune, nous avons découvert qu’une femme charmante sous tous rapports était marchande de sommeil… Mais on arrive à le savoir dans nos petites communes. Et à réagir. »

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Dernière séquence

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Réponses aux questions du public

Un représentant de l’UNPI dénonce les normes et charges pesant sur les propriétaires privés, et l’idée d’un permis de louer

BARRAUD : « Je serais favorable à ce que des agences immobilières prennent les locations en charge pour faire l’interface entre les propriétaires et les locataires. Car une partie des propriétaires sont des seniors et ne sont pas toujours armés pour faire face aux difficultés rencontrées avec des locataires. Cette crainte en dissuade d’ailleurs souvent de louer leur logement. ».

Intervention de Mr GUIARD, conseiller municipal (d’opposition), à Royan :

« Selon le diagnostic ayant servi à l’établissement du PLH de la CARA, le parc privé potentiellement indigne (PPI) serait de 2013 logements, autrement dit 4,5% des résidences principales, et 1061 logements locatifs privés soit 9,7%.
Donc quand j’entends dire que les occupants peuvent le signaler sur une plateforme ou s’adresser aux services juridiques, je me dis qu’on est plutôt démunis et que ce type de démarche est difficile... De fait, en 2021, seuls 23 dossiers ont fait l’objet d’un signalement, et 38 en 2022. Il y a donc bien nécessité de mettre en place quelque chose pour traiter cette problématique. »

Témoignage des difficultés à trouver un logement lorsque l’on n’est pas retraité ou avec un CDI, par une habitante arrivée sur le pays royannais il y a 8 ans avec son compagnon, elle saisonnière et lui travailleur indépendant pour reprendre un commerce. Est-ce efficace de surtaxer les résidences secondaires pour que davantage de logements soient mis en location ? Autre question : comment supprimer les a priori sur les logements sociaux pour mettre fin à la multiplication des recours ?

OSTA-AMIGO : « L’augmentation de la taxe sur les résidences secondaires nous a donné 369 000 euros que nous avons décidé de flécher sur le bail réel et solidaire, autrement dit les logements destinés à l’achat de jeunes ménages, propriétaires de leur logement mais pas du terrain. »

BARRAUD : « L’assiette de logements (résidences secondaires) soumis à cette taxe sur la CARA a déjà baissé de 10%. C’est un premier signe de l’impact. L’idée est d’envoyer un signal fort par rapport à d’éventuelles constructions pour des résidences secondaires. Car aujourd’hui, si quelqu’un dépose un permis de construire conforme au PLU de ma commune, je ne peux l’empêcher, même si je sais que cela va être une résidence secondaire. La personne peut m’assurer, oui mais dans dix ans, à la retraite, on viendra s’installer… En attendant ceux qui bossent ici ont du mal à se loger comme cela a été votre cas. C’est donc un ensemble de mesures qui permettent d’avancer. »

Pour le logement social, on pourrait changer de vocable, parler de logement aidé, règlementé… mais la réalité est ancrée ! Quand les gens s’y opposent, dites-leur bien que leurs enfants sont probablement éligibles aux logements sociaux. (V. Barrault)

Intervention de Mme RENU, ancienne salariée de la Villa Etoile (1996), gérée par le CCAS, qui en appelle à la volonté politique. Rappelant l’abandon regrettable d’un projet de maison de la solidarité, au niveau de l’ancienne caserne des pompiers, co construit avec Tremplin 17 et toutes les associations caritatives du pays royannais. "On envisageait d’y faire expos, débats, etc, pour aussi aider à lever préjugés sur ces populations. On avait même choisi la couleur du papier peint et des moquettes, et au dernier moment, le maire, Philippe Most a refusé son ouverture sous pression du voisinage qui ne voulait pas de clochards !

SIMONNET : « À l’époque nous avions été plusieurs à regretter l’abandon de cette maison de la solidarité. Avant 2008, la volonté politique n’existait pas. »

Intervention d’un monsieur qui "reste sur sa faim" notamment quant aux solutions et propositions faites, et regrette la faible mutualisation entre communes.

BARRAUD : « La loi SRU s’applique aux communes et non à l’intercommunalité, le préfet nous a bien confirmé que ce sont les communes qui doivent y répondre. »

Deux dernières interventions, insistent sur le débat fort intéressant et instructif, disent avoir été choquées d’apprendre la fréquence des recours d’habitants, estimant que le logement social n’est pas un gros mot, rappelant que le droit au logement est un droit fondamental reconnu par le préambule constitution.

Conclusion

BARRAUD : « Nous élus locaux qui sommes confrontés à ces contradicteurs qui ne veulent pas de logement social à proximité de chez eux seraient ravis d’avoir de temps en temps une partie de la population à côté d’eux !
On a eu un débat forcément frustrant, c’est le jeu, merci de nous avoir invités et permis d’expliquer nos actions, même si imparfaites, incomplètes et trop lentes, mais j’insiste : il y a une vraie volonté politique des élus communaux pour faire avancer le logement social sur le territoire ! »

Conclusion : « Merci car c’était entre autres ce que l’on voulait entendre ce soir ! »