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On ne pourra pas dire : "Nous ne savions pas."

mercredi 15 juillet 2026, par DN

Notre collectif a appris avec une profonde émotion le décès d’un homme en situation de grande précarité, survenu à Royan lors de l’épisode de canicule de la fin du mois de juin.

L’article publié par Sud Ouest le 30 juin, consacré aux difficultés rencontrées par le service des urgences de l’hôpital de Royan, mentionne qu’« un SDF royannais est également décédé sur la voie publique en raison d’une hyperthermie. Un drame. »

Nous publions ici le texte écrit par un membre de la Ligue des Droits de l’Homme pays royannais et lu aux obséques de cette personne morte dans la rue à Royan. Deux autres membres de la LDH l’accompagnaient.

Il est mort. Et personne ne pourra dire qu’on ne savait pas.

Depuis des jours, les alertes se multipliaient. La canicule était annoncée. Les risques étaient connus. Les plus fragiles étaient identifiés. Et pourtant, un homme est mort dans la rue.

Ce drame n’est pas seulement celui d’une chaleur accablante. C’est celui de l’indifférence.

Car lorsque des citoyens, des associations, des riverains interpellent les municipalités sur la situation des personnes qui survivent dehors, lorsque des appels sont lancés et restent sans réponse à la hauteur de l’urgence, alors le silence devient une faute morale.

On ne pourra pas dire : "Nous ne savions pas."

On savait que dormir sur le bitume à plus de 40 degrés pouvait tuer.
On savait que des hommes et des femmes n’avaient ni toit, ni eau, ni refuge. On savait.
Alors aujourd’hui, les discours de circonstance et les hommages ne suffisent plus.

La compassion après la mort ne remplacera jamais le courage d’agir

Un homme a perdu la vie. Son décès nous oblige à regarder en face ce que nous acceptons trop souvent : qu’en plein cœur de notre ville, des êtres humains soient abandonnés jusqu’à ce que la chaleur, le froid ou la maladie aient le dernier mot.

L’indifférence n’est pas une politique. L’inaction n’est pas une fatalité.

Une ville ne se juge pas à la beauté de ses façades, mais à la façon dont elle protège celles et ceux qui n’ont plus rien.

Aujourd’hui, une vie s’est éteinte. La question n’est plus de savoir si la canicule était exceptionnelle. La question est de savoir combien d’alertes devront encore étre ignorées avant que plus personne ne meure d’avoir été laissé dehors.