La Robinière : 2,6 millions d’euros pour une rénovation-participation

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C’est fait. Le bailleur social a planifié la réhabilitation des barres d’immeubles de La Robinière. La Ville, quant à elle, veut y créer « un quartier intergénérationnel ».
Démolira ou démolira pas ? Les barres d’immeubles de La Robinière, construites à l’entrée de Royan, en face du collège Sainte-Marie et à quelques encablures du nouveau supermarché Lidl, seront finalement réhabilitées. « Aucune possibilité n’était écartée. Nous attendions un signe de la Ville de Royan pour savoir ce qu’elle voulait faire sur ce site. C’est ce qui a pris du temps. Finalement, on s’oriente vers une réhabilitation », indique Mathilde Roussel, en charge du dossier chez Habitat 17. Le bailleur social est en effet propriétaire des immeubles.

La Ville de Royan a dans l’idée de créer un quartier intergénérationnel autour de La Robinière. « L’Établissement public foncier est chargé de dégager des terrains constructibles dans ce secteur avec l’objectif de voir des lotissements sortir de terre. Il faut dans ce coin une vraie mixité sociale. J’aimerais, par exemple, qu’un salon de coiffure solidaire voit le jour. Pourquoi ne pas imaginer, aussi, une annexe de la mairie. La Poste est déjà présente et Lidl est à deux pas. Nous allons travailler sur un projet », promet Éva Roy, adjointe au maire de Royan en charge des affaires sociales et de la politique de la ville.

Le message a donc été reçu cinq sur cinq par le bailleur social qui ne va pas lésiner sur la rénovation à raison d’environ 30 000 euros HT par logement. Ce qui, au final, va nécessiter une enveloppe de 2,6 millions d’euros HT. « Il était hors de question de nous lancer dans un tel chantier s’il n’y avait pas eu un véritable projet urbain porté par la Ville », insiste-t-on du côté d’Habitat 17 qui vient de lancer un appel à candidature pour la maîtrise d’œuvre du chantier.

Les quatre barres d’immeubles de La Robinière comptent 88 logements dont 12 T2, 36 T3, 30 T4 et 10 T5. « Les appartements ne sont pas tous occupés », prévient Mathilde Roussel. Il faut dire que les bâtiments font aujourd’hui un peu vieillots. Depuis leur construction, dans les années 70, ils ont subi les affres du temps. « Il existe surtout des déperditions d’énergie. Le maître d’œuvre fera un diagnostic énergétique. Nous verrons à partir de cet audit quels travaux sont nécessaires », précise la responsable des réhabilitations chez Habitat 17.

Il va en tout cas falloir prendre son mal en patience. L’équipe de maîtrise d’œuvre ne sera pas choisie avant le mois d’avril. Après, un long processus s’étalera sur plusieurs mois. « Il faut compter deux ans pour le début du chantier », prévient Mathilde Roussel.

« On a déjà demandé à ce que les barres d’immeubles soient accessibles aux personnes à mobilité réduite. Il faut faire en sorte que les gens puissent vieillir chez eux », pointe du doigt Éva Roy. La question énergétique est l’autre priorité. « Si on s’installe dans un logement social mais qu’à côté, on a des notes importantes d’électricité, je ne vois pas l’intérêt… »

La Ville de Royan mettra à profit ce laps de temps avant le début du chantier pour peaufiner son projet d’aménagement urbain autour de La Robinière dans le cadre de la politique de la ville.

Stéphane Durand
Sud-Ouest, 27 février 2015